Histoire : Babouche : nom féminin, chaussure en cuir sans talon* ni quartier*.
Synonymes : chausson, mule, pantoufle, savate.
La babouche est originaire des pays arabes. Il s’agit d’une chaussure confortable à la semelle fine entièrement constituée généralement de cuir de chèvre et/ou de mouton. Certains modèles contiennent une semelle en cuir de veau.
La babouche est souple, confortable, légère et parfaitement adaptée à un usage intérieur. Dans les pays chauds et secs comme les pays du Maghreb, elle est un élément d’habillement courant. Elle était utilisée comme chaussure de tous les jours. Elle l’est encore dans plusieurs régions, même si les jeunes générations la délaissent un peu au profit des chaussures occidentales plus modernes.
*Le talon d’une chaussure est un renfort d’épaisseur variable placé sous la semelle à l’aplomb du talon du pied.
*Le quartier d’une chaussure est la partie arrière qui enveloppe le talon du pied.
Deux formes principales regroupent l’ensemble des babouches : la babouche pointue, arabe et plutôt citadine, et la babouche à bouts ronds, berbère et plus rurale.
La babouche reste la chaussure des cérémonies traditionnelles dans le monde arabe.
Maroquiniers et tanneurs depuis des siècles, les artisans marocains sont les maîtres dans la fabrication de la babouche. Les « babouchiers » (usité dans les pays du Maghreb) contribuent grandement à la richesse du pays. Ils ont fait de cette pantoufle une chaussure emblématique. D’ailleurs, le mot même maroquinerie tire son nom de maroquin. Cela désigne une peau de chèvre ou de mouton tannée au sumac. Ces peaux étaient importées du Maroc dès le XVe siècle et servaient à confectionner des petits objets en cuir.
Parmi ces objets on peut remarquer des sacs, ceintures, portefeuilles ainsi que des chaussures ou babouches. Les chaussures étant traditionnellement confectionnées plutôt en cuir de vache en Europe. La babouche a longtemps occupé un rang de second ordre dans les chaussures. Ce n’est que récemment que la babouche a pris une part de marché importante sur le segment de la chaussure d’intérieur ou pantoufle.
Étymologie du mot Babouche :
en Arabe : bâboudj
vient du turc papuç (chaussure) lui-même emprunté au persan papusch (chaussure), association de pa, pied et pushidan, envelopper (couvrir, porter).
XVIe siècle. Emprunté par l’intermédiaire du turc, du persan papouch, de pa, « pied », et pouch, « couvrir ». Pantoufle de cuir, sans quartier ni talon, portée dans les pays arabes. Par ext. Chaussure souple d’appartement, avec ou sans talon.
Selon le petit Littré
Les Origines Perses : Voyage d’un Symbole (VIIIe siècle)
Une naissance dans l’ancien Empire Perse
Tout commence au VIIIe siècle, sur les routes de la soie reliant l’Orient à l’Occident. Le mot « babouche » vient du persan « papouche », qui signifie simplement « qui couvre le pied ». À cette époque, les marchands persans portaient déjà ces chaussures légères et faciles à retirer, parfaitement adaptées à leur mode de vie.
L’arrivée au Maghreb : fusion des savoir-faire
Lorsque les conquêtes musulmanes apportent la babouche au Maghreb, un miracle s’opère : les techniques de tannage ancestrales berbères rencontrent le raffinement du design perso-arabe. Les artisans berbères, qui travaillaient déjà le cuir depuis des siècles dans les montagnes de l’Atlas, adoptent et perfectionnent ce nouveau modèle.
Les premières mentions écrites de la babouche au Maroc apparaissent au Xe siècle dans les récits du géographe arabe Ibn Hawqal, qui décrit les souks de Fès débordant d’artisans du cuir.
👉 Ce que vous devez savoir : Quand vous portez une babouche artisanale aujourd’hui, vous marchez littéralement dans les pas d’une tradition millénaire qui a traversé empires et civilisations.